Le gène de la minceur régule la graisse corporelle
Un défaut de ce gène empêche les mouches du vinaigre d'emmagasiner de la graisse – Peut-on voir là un parallèle avec l'homme?
Des scientifiques de l'Université de Bonn ont découvert un gène jusqu'alors inconnu: celui de la mouche du vinaigre qui régit chez celles-ci le métabolisme des graisses. Les larves dont le patrimoine génétique est défectueux perdent la totalité de la graisse qu'elles ont emmagasinée. Voilà pourquoi les chercheurs ont bâptisé ce gène „schlank“ (en français: „minceur“). Le patrimoine héréditaire des mammifères est lui-aussi constitué d'un groupe de gènes dont la structure ressemble fort à celle du gène „schlank“. Il est probable qu'ils remplissent une fonction identique dans le métabolisme énergétique. Les chercheurs nourrissent maintenant l'espoir de découvrir de nouvelles préparations pharmaceutiques grâce auxquelles on pourra combattre l'obésité. Leur étude vient de paraître dans la revue spécialisée „The EMBO Journal“ (doi: 10.1038/emboj.2009.305).
Quand des chercheurs lèvent le voile sur la fonction d'un gène, ils ont le droit de donner le nom de leur choix à ce gène. Pour ce qui est de la mouche du vinaigre dite „drosophile“ ils doivent respecter une convention assez paradoxale: les noms choisis se réfèrent à chaque fois à l'aspect qu'a la mouche lorsqu'un des gènes en question est défectueux. C'est aussi le cas en ce qui concerne le gène „schlank“: si ce dernier est intact, alors la larve de la mouche peut emmagasiner de la graisse – elle grossit. „Quant aux larves qui connaissent une mutation du gène „schlank“, elles restent minces“, explique le Professeur Michael Hoch de l'Université de Bonn. „Dans les cas extrêmes le défaut génétique peut même provoquer la mort.“
Le biologiste de l'évolution a, de concert avec le privat-docent Reinhard Bauer et une équipe de chercheurs, examiné quelle est précisément la fonction du gène „schlank“. D'après leurs observations le gène contient les indications nécessaires au montage du synthase de céramides. Les céramides servent de matière première aux membranes très fines qui recouvrent toutes les cellules du corps. Par ailleurs le gène „schlank“ a une fonction de régulation: il favorise la synthèse des lipides et freine en même temps la mobilisation graisseuse dans le stock de lipides.
Un gène de souris à la rescousse des larves de mouche
Ce n'est vraisemblablement pas uniquement le cas des mouches du vinaigre. L'homme lui aussi produit des synthases de céramides – à cette différence près qu'il n'en produit pas qu'un seul comme c'est le cas des mouches drosophiles, mais six différents. Il dispose ainsi d'un groupe génétique que l'on appelle les gènes de Lass-. Les synthases de céramides sont extrêmement importants pour les animaux. Des mutations touchant les gènes en question conduisent à de graves dysfonctionnements du métabolisme et des systèmes organiques. Voilà en quoi nos gènes de Lass ressemblent étonnamment au gène „schlank“ de la mouche du vinaigre.
La ressemblance est telle que les gènes de Lass chez la souris peuvent en partie compenser le gène „schlank“ défectueux des mouches en mutation. „Nous avons introduit un gène de Lass de souris chez les larves drosophiles en mutation“, déclare le Professeur Hoch. „Habituellement les larves mouraient aussitôt après l'éclosion. Mais grâce au gène de Lass elles ont pu reconstituer des réserves de graisse corporelle, et ont ainsi survécu jusqu'au stade suivant de leur évolution.“
Jusqu'à présent jamais les gènes de Lass des mammifères n'avaient été mis en relation avec la régulation du métabolisme. „Du fait des parallèles importants établis avec le gène „schlank“, nous pensons qu'une telle fonction est plus que probable“, ajoute le Professeur Hoch. „Si tel devait vraiment être le cas, ils constitueraient une base de départ très prometteuse en vue de l'élaboration de nouveaux médicaments contre l'obésité.“
Contact:
Professeur Dr. Michael Hoch
Life & Medical Sciences Institut (LIMES)
Téléphone: 0228/73-4409 oder -4621
Courriel: m.hoch@uni-bonn.de
