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Un nouvel examen sanguin bien moins cher pour détecter l'hépatite C

Un procédé qui permet un screening de masse des flacons de sang conservé dans les pays les plus pauvres aussi

 

Le nouvel examen sanguin élaboré représente certainement une avancée dans la lutte contre le dangereux virus de l'hépatite C. A sensibilité égale, le procédé est considérablement moins cher que les tests commerciaux habituels. Ainsi pour la première fois les pays pauvres ont aussi la possibilité d'examiner leurs stocks de sang conservé et de pratiquer un dépistage à grande échelle, en recourant aux meilleures méthodes possibles des virus de l'hépatite C. Cette méthode a été mise au point par des chercheurs de l'Université de Bonn et de l'Institut Bernhard Nocht de Hambourg, spécialisé en médecine tropicale. Ont également participé à cete étude des scientifiques du Brésil, de Singapour, d'Afrique du Sud et d'Angleterre. L'étude paraîtra le 10 février dans la revue spécialisée PLoS Medicine.

170 millions de personnes à travers le monde sont déjà infectées par le virus de l'hépatite C. Souvent la maladie se déclare sans qu'on ne la remarque dans un premier temps. Mais les conséquences tardives qui peuvent accompagner la maladie sont le cancer du foi ou une cirrhose du foi mortelle. L'une des premières sources de contamination sont les conserves de sang infecté. C'est pour cela qu'en Europe ou aux USA on teste de façon standardisée l'ensemble des dons de sang pour savoir s'ils contiennent des virus de l'hépatite C. Mais les pays les plus pauvres n'ont pas les moyens de procéder à ces tests, et ils doivent recourir à des tests plus anciens qui ne sont pas aussi efficaces. Cependant le nouveau procédé pourrait changer les choses. "Au Brésil, les tests de l'hépatite C, que l'on trouve habituellement sur le marché coûtent plus de 100 dollars pour un échantillon - le coût de notre test s'élève quant à lui à 19 dollars", explique le docteur Jan Felix Drexler. Sur cette somme il faut compter dix dollars de redevance - plusieurs grands groupes pharmaceutiques détenant le brevet du génome du virus de l'hépatite C.

Monsieur Drexler vient juste de quitter l'Institut Bernhard Nocht de Hambourg pour l'Université de Bonn, et il a participé à l'élaboration de la nouvelle méthode d'examen. En principe elle fonctionne exactement de la même manière que les tests commerciaux que l'on trouvait jusqu'à présent sur le marché: tous les procédés existant sont chargé de déceler dans le sang des séquences de patrimoine héréditaire qui proviennent d'un des virus de l'hépatite C. Ce qui complique les choses c'est qu'il y a différentes sortes d'agents pathogènes dont le patrimoine héréditaire diffère sensiblement. On attend d'un bon test sanguin qu'il donne l'alerte pour chacune de ces sortes d'agents pathogènes. D'après le docteur Drexler "en Asie par exemple l'on rencontre assez souvent d'autres virus de l'hépatite C que chez nous". "Mais quand un touriste s'infecte en Thaïlande et que, par la suite, il donne son sang en Allemagne, il faut aussi que nous puissions reconnaitre de manière certaine ces échantillons de sang."

600 échantillons de sang examinés

Mais en divers endroits le patrimoine des différents agents pathogènes est en grande partie le même. Les généticiens parlent de „régions conservées“. Tous les tests commerciaux se sont "spécialisés" sur une de ces régions. Le nouveau procédé va à l'encontre de cela quand il trouve des séquences d'une autre région conservée qui, jusqu'à présent, n'avaient pas encore été utilisées pour dépister le virus de l'hépatite C. En examinant 600 échantillons de sang en conserve originaires de cinq pays différents, les chercheurs ont pu montrer à quel point ce procédé fonctionnait bien. "Il est au moins aussi efficace que les deux meilleurs tests standards", renchérit le professeur en Virologie, Monsieur Christian Drosten. "Cela vaut pour tous les types de virus."

Test pratique concluant au Brésil

Ainsi, même les pays les plus pauvres ont, pour la première fois, l'opportunité de contrôler à moindre coût leurs échantillons de sang. "C'est une véritable avancée dans l'enrayement de la maladie", souligne Monsieur Drexler. "En fin de compte, les transfusions contribuent largement à l'extension de la maladie." Le nouvel examen sanguin a déjà été testé en laboratoire sur 127 patients - et ce, avec un succès considérable. Dans les résultats publiés récemment, les chercheurs dévoilent tous les détails de leur méthode. "Nous pratiquons pour ceux qui voudraient recourir à notre méthode des contrôles réactifs", précise Monsieur Drexler. Les fournisseurs commerciaux, quant à eux, se font discrets quand il s'agit de donner des présisions sur les tests qu'ils proposent.

Le procédé mis en place ne permet pas seulement de vérifier si l'on est en présence ou non d'une infection due au virus de l'hépatite C. Il permet aussi de déterminer la quantité de virus présents dans le sang. De ce fait il est aussi possible, grâce à cet examen sanguin, de contrôler par exemple le succès d'une thérapie. Pour Monsieur Drexler: "On pourrait ainsi éviter à bien des patients un long traitement de plusieurs mois, et par conséquent coûteux, ainsi que bien des effets secondaires désagréables."

Ceux qui souhaiteraient recourir à ce test peuvent contacter le docteur Jan Felix Drexler: Téléphone: 0228/287-11697, Courriel: drexler@virology-bonn.de

Il sera possible de consulter l'article dès le mardi 10 février sur internet:
http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1371/journal.pmed.1000031

Pour toute information supplémentaire sur l'Institut Bernhard Nocht ainsi que sur l'Institut de Virologie près le CHU de Bonn, rendez-vous sur les sites internet suivants:
http://www.bni-hamburg.de
http://www.virology-bonn.de

Contact pour les médias:
Professeur Dr. Christian Drosten
Directeur de l'Institut de Virologie du CHU de Bonn
Téléphone: 0228/287-11055
Courriel:
drosten@virology-bonn.de